Les missions de programmation urbaine intègrent davantage de management

L’approche collaborative fait son chemin au sein des divers métiers du bâtiment. La programmation urbaine ne fait pas exception. Les délimitations des missions évoluent donc et impliquent que les professionnels mettent à jour leurs compétences. En 2010, Attitudes Urbaine, agence d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) et de programmation urbaine et architecturale, créait le pôle de formation continu, baptisé Aptitudes Urbaines. Irène Sornein, directrice pédagogique de ce dernier, nous expose les enjeux actuels de la profession.

Comment la programmation urbaine a-t-elle évoluée ces dernières années ?

Irène Sornein : Depuis quelques années, que ce soit en tant que bureau d’études ou qu’organisme de formation, nous observons du côté de la demande des maîtrises d’ouvrage, deux tendances favorables à la programmation urbaine. Tout d’abord, alors que jusqu’à présent cette compétence métier était souvent confondue avec la conception urbaine, elle s’en distingue de mieux en mieux aujourd’hui. Concrètement, les marchés de programmation urbaine, ou d’assistance à maîtrise d’ouvrage en programmation urbaine, sont plus nombreux.

D’autre part, la programmation urbaine tend vers une approche plus inclusive et plus collaborative. La définition quantitative des contenus du projet reste au cœur du métier de programmiste urbain, mais désormais, ce travail doit avant tout être porté par une démarche partenariale, pilotée par la maîtrise d’ouvrage. La concertation au sens large, des habitants mais aussi de l’ensemble des partenaires publics et privés de l’opération urbaine, va ainsi prendre plus de place dans les missions des programmistes.

Nous sommes particulièrement sensibles à ces évolutions, même si elles sont encore tenues, car elles participent au renouveau positif des pratiques de projet urbain via la démarche de programmation urbaine. Un renouveau que nous défendons.

La qualification OPQTECC « Programmation urbaine » retranscrit bien cette multi-dimensionnalité du métier. Elle prend en compte aussi bien les prospectives pré-opérationnelles (diagnostic territorial…) que la démarche d’accompagnement du projet urbain qui consiste à concevoir et animer un processus de projet.

La MIQCP1, avec la diffusion récente d’un guide sur la démarche stratégique de programmation urbaine, ou encore l’ANRU2 dans le cadre du NPNRU, contribuent également à défendre et à diffuser à l’échelle nationale cette nouvelle approche du projet urbain, plus intégrée, plus continue, et mieux articulée au territoire et à ses dynamiques ! Les maîtrises d’ouvrage ont tout à y gagner dans un contexte d’optimisation des finances publiques. En effet, il s’agit de donner du sens au projet en l’aidant à maintenir le cap de ses objectifs, tout en interrogeant en amont et en fil rouge les conditions de sa faisabilité, avec l’ensemble des parties prenantes (privées et porteurs de projets compris).

Selon vous, quel est l’enjeu de la formation en programmation urbaine ?

I.S. : Bien que l’on constate des évolutions récentes, la programmation urbaine comme démarche de projet reste une pratique émergente. L’enjeu de formation, et plus largement de valorisation et de diffusion, est donc très important, d’autant que la programmation urbaine fait appel à des méthodes de travail et des outils spécifiques.

La formation continue proposée par Aptitudes Urbaines est donc axée non seulement sur la définition des contenus du projet urbain, mais aussi sur les conditions de mise en œuvre d’une démarche de programmation urbaine. Animée par des experts praticiens de la programmation, elle s’adresse à un public large de professionnels qui viennent de France entière. Les auditeurs comptent aussi bien des programmistes venant compléter leurs acquis ; que des collectivités, CAUE3, agences d’urbanisme, SEM4, EPA5 ou EPF souhaitant se former à la programmation urbaine pour piloter plus efficacement leur mission ; ou encore des architectes urbanistes ou paysagistes indépendants désireux de mieux maîtriser ces questions programmatiques. Cette hétérogénéité des profils contribue à la qualité des échanges et des discussions lors des modules de formation.

En quoi la qualification vous semble importante ?

I.S. : Le bureau d’études Attitudes Urbaines est qualifié à l’OPQTECC en programmation urbaine et en programmation architecturale. Selon moi, la qualification OPQTECC est fondamentale. Elle permet non seulement de faire reconnaître ses compétences en programmation mais aussi de participer à la valorisation de cette pratique métier et à la reconnaissance de la programmation urbaine !

Que pensez-vous de l’obligation de formation lors du renouvellement de qualification OPQTECC ?

I.S. : De manière générale, pour un professionnel qualifié et en exercice, la formation régulière représente un enjeu essentiel. C’est d’ailleurs le sens de la dernière réforme de la formation professionnelle. Il est important que l’OPQTECC continue à faire passer ce message.

Certes c’est une question de temps et de moyens – surtout pour les petites structures. Mais l’OPQTECC prend aussi en compte les abonnements à des magazines, la participation à des conférences… ce qui aide à remplir le nombre d’heures de formation requis pour le renouvellement.

Notes
1. Mission Interministérielle pour la Qualité des Constructions Publiques
2. Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine
3. Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement
4. Sociétés d’économie mixte
5. Établissement public administratif
6. Établissement public foncier

FORMATIONS APTITUDES URBAINES


Le cursus complet compte 11 modules d’1 journée (7h) soit un total de 77h. Ceux-ci sont organisés une fois par mois de septembre à juin. Ce cursus permet d'accéder à un certificat d'assistant(e) à maîtrise d'ouvrage en programmation urbaine.
Tout au long de l’année, les auditeurs ont aussi la possibilité de s’inscrire à la carte parmi les 11 modules.

 Programme de formation 2017-2018  + Version PDF

Module n°1 : Conduire la démarche de programmation urbaine
Module n°2 : Mener la concertation et la participation citoyenne
Module n°3 : Manager l’opération urbaine et ses prestataires
Module n°4 : Choisir et préparer les marchés publics adaptés à l’opération urbaine
Module n°5 : Construire le montage opérationnel de l’opération urbaine
Module n°6 : Concevoir le projet de vocation programmatique
Module n°7 : Programmer l’habitat et traiter les questions de peuplement
Module n°8 : Programmer les offres de services et d’équipements
Module n°9 : Programmer les commerces et les activités économiques
Module n°10 : Programmer l’espace public et les mobilités
Module n°11 : Définir la stratégie environnementale de l’opération urbaine

 Formulaire d’inscription

QUALIFICATION / CERTIFICATION OPQTECC