Secrétaire Général et Responsable Qualité de l’OPQTECC
1. Vous êtes élu au Conseil d’Administration et au Bureau Exécutif de l’OPQTECC pour représenter les qualifiés. Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre l’OPQTECC ?
Je considère de longue date notre organisme comme essentiel et nécessaire aux donneurs d’ordre et je me suis donc tout naturellement engagé depuis plus de trente ans à participer aux travaux de l’OPQTECC.
En 1993 alors que j’étais salarié d’un important cabinet d’économiste qui ne disposait pas de qualification, j’ai effectué ma demande et obtenu la qualification EI. Peu de salariés étant qualifiés à l’époque et donc pratiquement personne ne les représentait. J’ai donc intégré l’OPQTECC dans la commission Île-De-France en tant que leur représentant. Ayant créée mon agence en 1997 j’ai dû quitter la commission ne pouvant plus les représenter.
En 2009 j’ai également participé au groupe de travail de l’OPQTECC de la commission de révisions concernant la refonte et la mise en place des nouvelles qualifications puis été instructeur à partir de 2014 car il manquait de candidats à cette tâche.
En 2019 j’ai encore une fois répondu présent pour rejoindre la nouvelle gouvernance avec toujours la même volonté de participer à ce bel outil de reconnaissance de notre profession.
Cette qualification dont je bénéficie depuis 1993 a par ailleurs largement contribué à la visibilité que j’ai pu avoir dans mon activité aussi bien salariée qu’indépendant.
2. Selon vos retours d’expérience, comment la qualification affecte-t-elle la crédibilité et la confiance que les clients accordent à une entreprise dans l’économie de la construction ?
Nous nous en sommes encore dernièrement aperçu, quand bien même nous l’observons depuis longtemps, la confiance se traduit par les données que nous recensons à travers la gestion de nos qualifiés. Ceux-ci montrent une activité grandement accrue de notre profession notamment ces quatre dernières années.
Cette augmentation permanente de notre rôle exprime le mieux cette crédibilité et cette confiance de la très grande majorité des maîtrises d’ouvrages publiques et privées.
Le rôle fédérateur qui est le nôtre dans un projet de construction permet, sur la base d’éléments concrets et à travers le prisme de l’économie et de propositions argumentés d’adaptations correspondantes, d’assurer un équilibre consensuel des besoins programmatiques, fonctionnels, techniques entre la maîtrise d’ouvrage et l’équipe de maîtrise d’œuvre de conception, satisfaisant une nécessité de résultat maitrisé.
Le choix d’une équipe de maîtrise d’œuvre passe par l’assemblage de compétences multiples dont celle de l’économiste de la construction prend une part de plus en plus importante.
Cette compétence d’économiste s’analyse et s’examine avec l’appui de nos qualifications OPQTECC qui permettent de bénéficier d’un travail amont de vérification des économistes et de la confiance que l’on peut leur accorder.
3. Selon vos retours d’expérience, quels sont les avantages à renforcer l’indépendance des qualifiés OPQTECC ?
Il est de plus en plus fréquent que les maîtres d’ouvrage demandent un économiste indépendant, cette indépendance permettant de garantir le lien équilibré entre tous les acteurs.
Nous sommes des acteurs généralistes garant de la stratégie de l’économie de projet, qui bénéfice certes principalement à la maîtrise d’ouvrage, mais également aux architectes et aux autres acteurs de la conception, à travers la possibilité de correctement calibrer les projets et de doser la générosité et la qualité qu’ils peuvent offrir.
Nous renforçons par ailleurs la coordination des intervenants de la conception en aidant les architectes mandataires à gérer les interfaces entre les différentes spécialités aussi bien dans la maîtrise économique que technique.
Enfin n’oublions pas les entreprises qui peuvent se reposer sur un projet viable économiquement parlant car il a été évalué correctement et que leur intervention aussi bien au stade de la consultation d’entreprises qu’au stade de la réalisation sera appréciée avec un regard objectif.
Le bénéfice en revient au final à la maîtrise d’ouvrage.
4. Après plusieurs années d’échanges et de concertations avec les représentants du secteur et les pouvoirs publics, l’OPQTECC est heureux de pouvoir annoncer le dépôt d’une proposition de loi, portée par le Sénateur Jean Hingray en faveur d’une meilleure maîtrise des deniers publics. Cette proposition de loi crée l’obligation, pour les projets d’équipements et d’infrastructures publics d’un montant égal ou supérieur à 20 millions d’euros, de recourir à un économiste de la construction indépendant et qualifié. Comment accueillez-vous cette proposition de loi ? Quels seraient les avantages que procureraient cette loi, si elle était adoptée ?
L’existence de notre profession par le grand public est quasi méconnue.
Au-delà de quelques administrations institutionnelles et des grandes maîtrises d’ouvrages privées qui nous font appel depuis longtemps, ce caractère insoupçonné de notre intervention a conduit à un recours jusqu’à présent limité à nos compétences car seulement un tiers des projets ont bénéficiés de notre expertise.
Les montants engagés dans des projets publics de construction sont tellement importants qu’ils nécessitent un acteur pivot et spécialisé capable d’alerter, de conseiller, d’orienter de manière efficace et ainsi permettre d’anticiper les dérives de coûts tout en conservant un souci de qualité et d’efficience programmatique et fonctionnelle.
Si cette loi était adoptée elle renforcerait la visibilité de notre rôle qui serait alors standardisé et stabiliserait les modes de fonctionnements jusqu’à présent éparses issues de configurations variées de groupements de concepteurs agissant sur l’économie de projet.
Lorsque nous avons dû réfléchir à cette proposition de loi et de son périmètre, la question de l’importance de l’opération c’est avérée un sujet de débat qui pouvait être complexe voir polémique.
J’ai alors suggéré de considérer que l’on devait s’aligner sur ce que qu’ont mesuré et admit les assureurs en proposant de retenir le montant qu’ils avaient pris en compte pour introduire la notion de « Grand chantier » évitant ainsi une nouvelle valeur de référence de désignation d’une opération importante.
La normalisation de notre intervention constituerait un facteur de pratique transversale et commune de l’économie de projet consolidant notre rôle trop souvent minimisé dans un contexte où les tensions budgétaires sur les finances publiques sont de plus en plus conséquentes.
Plus largement nos interventions en phase faisabilité et programmation sont fondamentalement utiles car elles permettent de disposer en amont d’une objectivité économique qui fait trop souvent défaut et oblige à redéfinir en cours de route les besoins.
La proposition visant à renforcer le recours à des économistes de la construction indépendants disposant des compétences transversales permettant d’apporter une vue globale sur les coûts et délais, les choix techniques et les impacts des programmes et des choix environnementaux va dans le bon sens.







