Dirigeant du cabinet 2H et Président UNTEC Normandie
- Vous êtes qualifié OPQTECC depuis plus de 20 ans. Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre l’OPQTECC ?
La première raison était d’être identifié comme un acteur qualifié par les maîtres d’ouvrage.
A l’époque, il était aussi important pour moi d’être reconnu par mes pairs. Etre économiste de la construction est un métier qui dispose d’un syndicat professionnel et la qualification me permettait d’être reconnu, par mes pairs, pour mes compétences, en tant qu’économiste de la construction.
2. En tant que Président de Région Untec Normandie, comment estimez-vous que la qualification OPQTECC affecte la crédibilité et la confiance que les clients accordent à une entreprise dans l’économie de la construction ?
Je vais répondre plutôt au nom de mon cabinet car la qualification est une démarche personnelle.
En tant qu’adhérent OPQTECC, la qualification est pour moi une démarche qualité pour l’entreprise. Lorsque l’on engage une démarche de qualifications, on se doit de répondre à certaines exigences. Ces exigences nous poussent à mettre en place des procédures qui reflètent nos méthodes de travail, de vérification, de contrôle, … Ces procédures permettent de formaliser nos méthodes pour un meilleur suivi de nos clients. C’est une véritable démarche qualité vis-à-vis de nos clients mais aussi pour et avec nos collaborateurs.
Les obligations de formation continue de l’OPQTECC sont également une très bonne chose car la formation doit être un pilier dans l’entreprise pour faire progresser nos collaborateurs et donc notre cabinet, pour nos clients. Je reprendrai les mots du président de l’UNTEC Franck Dessemon dans sa dernière lettre adressée à ses adhérents : « celui qui cesse de progresser commence à régresser ».
Malheureusement toutes les qualifications professionnelles, notamment dans l’ingénierie du bâtiment, n’imposent pas d’obligations de formation continue ; l’OPQTECC oui.
Même si nous prenons parfois cette obligation de formation comme une contrainte, elle reste un point très positif pour les qualifications OPQTECC. Elles renforcent la crédibilité et la confiance que peuvent avoir nos clients dans nos missions.
3. Selon vos retours d’expérience, quels sont les avantages à renforcer l’indépendance des qualifiés OPQTECC par rapport aux métiers de la conception, des bureaux d’études et des entreprises de travaux ?
Cela a tout son sens. La qualification à l’OPQTECC vient renforcer notre volonté d’indépendance par rapport aux autres membres de l’équipe de maîtrise d’œuvre. L’indépendance de l’économiste est importante pour mener à bien notre mission d’économie de projet. Faire de ce travail en toute indépendance des autres membres de l’équipe de maîtrise d’œuvre renforce la confiance de nos clients. Cette indépendance nous permet de proposer à notre maître d’ouvrage une estimation juste du coût du projet de construction.
Cette indépendance apporte également plus de clarté dans l’identification de l’économiste de la construction dans l’équipe de maîtrise d’oeuvre.
4. Malgré la crise immobilière actuelle, le chiffre d’affaires moyen des adhérents OPQTECC est en hausse constante depuis 3 ans, comment expliquez-vous cela dans le contexte de crise immobilière que nous connaissons ?
Effectivement, nous connaissons une crise immobilière mais axée surtout sur le logement. Les économistes de la construction savent faire preuve d’agilité. Nous sommes des généralistes, par conséquent nous savons étudier tout type de bâtiments. Si nous savons faire l’étude économique d’un collège ou d’un équipement public, nous sommes capables d’étudier tout autre type de bâtiment. Nous avons par conséquent une forte capacité d’adaptation au marché.
Cette notion de « tous corps d’état » et l’esprit de synthèse que portent les économistes de la construction dans l’étude des coûts leur permettent aussi d’aller sur d’autres marchés privés ou industriels.
Aujourd’hui, les projets de réhabilitation thermique portent beaucoup le Marché de la construction et ils permettent de compenser partiellement la crise immobilière du logement. Les économistes de la construction ont su capter le sujet et ont ainsi pu développer de nouvelles missions sur ce marché.
Nous nous appuyons aussi sur une forte implication d’UNTEC services qui propose un service de formation performant et très à l’écoute des nouveaux marchés ; ce qui permet aux économistes de la construction de s’y adapter plus facilement.
Et derrière les formations proposées par UNTEC Services, nous avons une suite logique avec l’OPQTECC qui propose des mentions qui peuvent devenir des qualifications. A la demande des adhérents qui vont informer l’UNTEC d’un besoin, UNTEC Services va proposer une formation et ensuite l’OPQTECC apportera les mentions et des qualifications qui en découlent. C’est donc une chaine complète logique. Avec les qualifications OPQTECC, nous pérennisons nos compétences vis-à-vis de nos maîtres d’ouvrage.
L’exemple de l’ACV est très parlant. Dès que la RE2020 est arrivée, les économistes se sont positionnés. Untec Services a mis en place très rapidement des formations complètes pour réaliser l’ACV et derrière, l’OPQTECC a mis en place la mention ACV.
5. Après plusieurs années d’échanges et de concertations entre la direction de l’OPQTECC et les représentants du secteur et les pouvoirs publics, l’OPQTECC est heureux de pouvoir annoncer le dépôt d’une proposition de loi, portée par le Sénateur Jean Hingray en faveur d’une meilleure maîtrise des deniers publics. Cette proposition de loi crée l’obligation, pour les projets d’équipements et d’infrastructures publics d’un montant égal ou supérieur à 20 millions d’euros, de recourir à un économiste de la construction indépendant et qualifié. Comment accueillez-vous cette proposition de loi ? Quels seraient les avantages que procureraient cette loi, si elle était adoptée ?
Cette proposition de loi va dans le bon sens. Les mots importants de cette proposition de loi sont « qualifié » et « indépendant ». Ce qui est intéressant, c’est d’imposer la qualification pour un acteur économique avec le terme d’indépendance. Il est important de rappeler que dans l’équipe de maîtrise d’oeuvre, il y a plusieurs acteurs et que la dimension économique existe. Pour qu’elle soit être traitée de manière correcte, il est nécessaire d’avoir une personne dans l’équipe, interlocutrice du maître d’ouvrage, qui soit indépendante. La sémantique est importante. Je pense que l’indépendance et la qualification sont des sujets forcément porteurs.
Concrètement si cette loi était adoptée, elle n’aurait pas d’incidence directe sur tous nos projets, tout de suite. En revanche, elle nous permettra de mettre en place un argumentaire, même sur des projets inférieurs à 20 Millions d’euros, en rappelant qu’il s’agit de bonnes pratiques et que l’on peut utiliser cette même méthode sur des projets inférieurs.
Nous saurons porter ce discours auprès de nos maîtres d’ouvrage. C’est une ouverture.






