L’économiste de la construction joue un rôle pivot dans l’intégration du réemploi, transformant une intention environnementale en une réalité opérationnelle et financière.
Son expertise permet de lever l’un des principaux freins au réemploi :
l’incertitude économique.
A – Comment s’articule son rôle à chaque étape du projet ?
A.1. En phase de conception : l’évaluation de la faisabilité
L’économiste ne se contente plus de chiffrer du « neuf sur catalogue ». Il doit intégrer des variables plus complexes :
- Analyse du gisement (Diagnostic PEMD – lire détails en fin de rapport) : Il collabore avec les diagnostiqueurs pour évaluer la valeur économique des matériaux présents sur site pour réponse à la question : est-il plus rentable de déposer soigneusement pour réemployer ou de démolir et d’évacuer ?
- Études comparatives Coût Global / Carbone : Il compare le coût du réemploi (dépose soignée + stockage + transport + remise en état) face au coût du neuf (achat + taxes déchets + impact carbone RE2020).
- Estimation budgétaire flexible : Contrairement au neuf, le prix du réemploi est fluctuant. L’économiste doit prévoir des provisions ou des ratios spécifiques pour absorber les aléas liés à la disponibilité des matériaux.
A.2. En phase de prescription : la rédaction des marchés
C’est ici que l’économiste « sécurise » le réemploi dans les pièces écrites (CCTP, DPGF) :
- Clauses de variantes : Il rédige des appels d’offres autorisant, voire imposant, des variantes « réemploi ».
- Allotissement spécifique : Il peut conseiller de créer un lot « Logistique/Réemploi » pour centraliser la gestion des matériaux sauvés.
- Décomposition du prix : Dans la DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire), il sépare le coût de la « fourniture » de celui de la « mise en œuvre » pour permettre l’utilisation de matériaux dont la provenance n’est pas encore fixée ou certaine au moment de la signature du marché.
A.3. L’équation économique du réemploi
L’économiste doit équilibrer une balance financière différente du schéma classique :
| Postes de coûts en hausse (Réemploi) | Postes de coûts en baisse (Réemploi) |
| Main-d’œuvre : Dépose soignée, tri, nettoyage, marquage | Achat de matériaux : Coût de matière souvent très faible ou nul. |
| Logistique : Stockage intermédiaire, transport local. | Gestion des déchets : Moins de bennes, moins de taxes (TGAP). |
| Assurance : Surcoût éventuel pour les avis techniques. | Impact Carbone : Gains sur les seuils de la RE2020. |






