Interview de Sylvie LHERITIER

Interview de Sylvie LHERITIER

Responsable des Qualifications et Certifications OPQTECC

1. OPQTECC : Vous êtes Responsable des qualifications et certifications de l’OPQTECC depuis près de 5 ans. Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre l’OPQTECC ?

Un diplôme valide les acquis métier et connaissances de base du métier. La qualification ou la certification valide une expérience professionnelle et un savoir-faire de qualité appréciés par les clients. Il était donc important pour moi de valoriser cette expérience et ce savoir-faire, dans un premier temps en me certifiant, puis en participant activement au processus de qualification et certification en tant qu’instructrice. Puis le bureau exécutif m’a fait l’honneur de me nommer Responsable des qualifications et certifications.

2. OPQTECC : Selon vos retours d’expérience, comment la qualification affecte-t-elle la crédibilité et la confiance que les clients accordent à une entreprise dans l’économie de la construction ?

La qualification ou la certification validant un savoir-faire, les clients maîtres d’ouvrage sont assis assurés d‘avoir une prestation de qualité. On s’aperçoit également que le recours aux qualifications est de plus en plus important, ce qui montre bien la confiance qu’ont les maîtres d’ouvrage dans les qualifications OPQTECC.

3. OPQTECC : Selon vos retours d’expérience, quels sont les avantages à renforcer l’indépendance vis-à-vis de la conception et de la maîtrise d’œuvre des qualifiés OPQTECC ?

Conseiller un client impose que le conseil soit neutre et impartial. Cette indépendance de l’économiste de la construction vis-à-vis des concepteurs et maîtres d’œuvre que l’OPQTECC a souhaité, permet aux qualifiés d’être au service de tous mais aux ordres de personne.

4. OPQTECC : Après plusieurs années d’échanges et de concertations avec les représentants du secteur et les pouvoirs publics, l’OPQTECC est heureux de pouvoir annoncer le dépôt d’une proposition de loi, portée par le Sénateur Jean Hingray en faveur d’une meilleure maîtrise des deniers publics. Cette proposition de loi crée l’obligation, pour les projets d’équipements et d’infrastructures publics d’un montant égal ou supérieur à 20 millions d’euros, de recourir à un économiste de la construction indépendant et qualifié. Comment accueillez-vous cette proposition de loi ? Quels seraient les avantages que procureraient cette loi, si elle était adoptée ?

C’est une excellente nouvelle pour l’avenir de la profession. Cette loi permettrait de renforcer l’usage des qualifications. Mon expérience professionnelle m’a montrée que lorsqu’aucun économiste de la construction n’était missionné, les dépassements budgétaires et les retards dans les projets de construction étaient nombreux et importants.

Trop souvent l’économiste de la construction est appelé en « pompier » lorsque les dérives budgétaires et les délais ont déjà été dépassés. Cette proposition de loi permettrait que l’économiste de la construction puisse intervenir en amont, au cours des études préalables, pour cadrer dès le départ le budget et les délais de réalisation. Généralement le budget est défini par le maître d’ouvrage de façon un peu empirique, sans consultation et, ensuite charge aux concepteurs et maîtres d’œuvre de réaliser le projet avec le budget alloué mais sans toujours pouvoir respecter les besoins du maître d ‘ouvrage. Ces études préalables ont pour objectif de définir un budget en adéquation avec les besoins du maître d’ouvrage mais également les usages de la construction.

Le temps nécessaire à ces études préalables est loin d’être du temps perdu puisqu’il permet de cadrer les délais de réalisation et donc de limiter considérablement les dérives.

Cette loi permettrait, dans le cadre d’un projet public de construction, de sécuriser l’utilisation des deniers publics.

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